Groupe THEMATIQUES – Première partie

L’objectif du groupe EMERGENCE / THEMATIQUE est d’inscrire la pépinière dans le bon contexte.
Les échanges entre le monde de l’art et des nouvelles technologies se multiplient à travers le monde, dessinant une tendance forte et porteuse d’avenir. Plusieurs projets et expériences explorent et expérimentent quotidiennement cette collaboration, en témoigne l’activité exemplaire de la Société des Arts Technologiques de Montréal. Pour mieux comprendre où se situe le projet de pépinière du CENTQUATRE, il apparaît indispensable de le situer dans son écosystème, et de proposer une méthodologie simple qui permette d’identifier les secteurs, entreprises et artistes en demande, les pôles d’innovation à la pointe de cette forme d’échanges, et les résultats déjà obtenus ; Apparaîtront en négatif les domaines les moins explorés, et les besoins réels.
Ce premier temps avait donc pour objectif d’établir une cartographie des projets existants qui ont permis de rapprocher le monde de l’art et de la technologie, mais également des initiatives de collaboration entre les publics divers.
Ce retour d’expérience est  détaillé plus bas pour chaque participant.

Les grands points que ce premier temps de travail nous a permis de remonter :

Traitement des thématiques
•    Laisser émerger les projets et les sujets de collaboration assez librement
•    Créer les conditions de la rencontre, donner la possibilité de faire, d’expérimenter
•    Privilégier la culture du process et les conditions du process à la culture et l’obligation du résultat
•    Peu de barrières à l’entrée et à la sortie pour se permettre d’innover
•    Penser aux bénéfices secondaires, aux effets systèmes : Les projets et récoltes de cette pépinière ne doivent pas forcément être immédiats et objectifs. Cela pose la question des indicateurs.
•    Un tel espace, dans sa mission même, doit permettre et autoriser l’informel.
•    Néanmoins, des temps de rendus, des étapes, milestones, sont importants pour que les projets avancent. Le format peut être libre, mais il faut identifier des temps précis pour faire avancer les projets.
•    Le droit à l’erreur et à l’essai, est un des points important pour la réussite du projet et l’émergence d’interactions et de productions novatrices.
•    C’est la rencontre qui doit créer le projet commun, il n’est pas forcément décrété à l’avance
•    La mémoire de l’espace doit être conservée
•    Des temps de rendus, finaux et intermédiaires, doivent être envisagés
•    La rencontre est fructueuse quand elle est :

  • Libre
  • Souhaitée/désirée
  • Sans trop d’exigence de résultats
  • Basée sur la proximité des acteurs  (et donc questionner l’importance du territoire dans le choix des enjeux à traiter au sein de la pépinière)
  • Favorisée par la proximité physique ET d’intérêt
  • Quand elle tient compte de la nécessité de comprendre les comportements, enjeux, histoires, pratiques et territoires de chacun

•    Il faut créer l’occasion de temps de rencontre, en pensant la médiation autour de cette rencontre, pour que les sujets puissent grandir et mûrir en réponse aux personnalités et objectifs de chacun :

  • L’identification de résultats précis ne doit pas devenir un point bloquant et sclérosant. Il faut laisser une place à l’informel, à l’erreur, à la génération de projets et d’excroissances non planifiées.
  • Néanmoins, introduire des temps intermédiaires de diffusion, de communication, permet à tout groupe de se structurer et de trouver des temps de rendus et de convergence. Il suffit d’identifier les bons indicateurs (nécessité d’expérimenter, de montrer, de vendre, ou autre…)
  • Prendre le temps de la rencontre, du dialogue, pour que le parties en présence trouvent elles mêmes leurs zones de convergence. Respecter les temps de tâtonnements et de tentative inhérents à tout processus de création

Nature des thématiques :
•    Faut-il une thématique, ou des sujets communs, des champs larges qui permettent à des initiatives, des projets de s’inscrire dans cet espace sans forcément être dès le départ identifiés et formalisés.
•    La nature commerciale des thématiques est  rejetée au bénéfice de zones de recherches plus large/souple.
•    Faire collaborer des initiatives commerciales et identifiées avec des projets plus diffus?
•    Les thématiques, idéalement, devraient pouvoir s’alimenter l’une l’autre, ainsi que les technologies
•    Les thématiques traitées peuvent être remontées par l’analyse des des territoires et des acteurs en présence (chercheurs, entreprises, bassin local, artistes, population…)
•    Le champ qui fait lien est-il l’innovation technologique ou bien le thème peut-il être plus global ?
•     Peut être des association en forte proximité avec les acteurs et la réalité des « thèmes » abordés pourraient être présents.
•    La durée doit-elle être la même pour tous ?
•    Comment interconnecter les projets ?

Tous les participants semblent privilégier l’accès à un dispositif offrant les conditions optimales et maximales au « créer » et au « faire », pour laisser émerger les productions individuelles ou collectives, de coopérations fortes ou faibles.
La pluralité est donc de mise et c’est la culture des PROCESS en remplacement de la culture des RESULTATS qu’il semble falloir privilégier
et laisser sortir..
Privilégier les interactions et les rencontres non évidentes et dont la pertinence ne semble pas immédiate peut être un vecteur intéressant. En partant des besoins des utilisateurs, de la transmission et de la discussion, des usages nouveaux devraient pouvoir remonter. (ex : Rencontres entre femmes âgées et artistes en nouvelles technologies)

C’est  une réflexion sur les conditions de la réussite d’une rencontre qui émerge particulièrement de ce groupe de travail:
Rencontre sans trop de contrainte ni d’obligation de résultat, non décrétée, basée sur la découverte et une certaine candeur de l’expertise et de l’histoire de la personne en face.

Penser la transversalité des approches
Faire se croiser les besoins, les approches, les points de vues et les méthodes et processus de création pour construire en commun autour des contraintes de chacun mais également des regards et de leur diversité.`
C’est autour de cette base que chacun pourra alors décliner et dérouler des projets servant les intérêts  individuels (projets artistiques, résultats de R&D, …)

Une des contraintes bloquantes pour la réussite de cette rencontre semble être l’objectif de rentabilité.
La pépinière doit être pensée aussi comme fructueuse dans son effet système, et non forcément par l’atteinte d’un objectif précis.
Ce point renvoie  sur la question du management et des indicateurs : adopter un modèle de venture capitaliste?

L’EXPERIMENTATION ressort particulièrement des retours d’expériences comme un temps fertile. Ma microplanète, expérience entre la SNCF, la RATP et Vélib, permet d’avoir une action d’expérimentation entre des acteurs aux enjeux multiples, aux pratiques diverses.

L’apport de l’artiste est l’exploration des limites, de chercher à mieux comprendre ce qui est remis en cause par les modifications de notre écosystème technologique.

Quelques histoires qui nous ont été remontées :
Toutes apparaissent sur les images ci dessous.

Wolf Ka, artiste numérique, souligne la nécessité de penser en amont les conditions de la collaboration des deux parties et laisser et à l’artiste et à l’entreprise  l’espace et le temps nécessaire de penser la collaboration, ce que chacun veut donner et souhaite recevoir, pour que la zone de convergence et de collaboration se créer par le besoin et non d’une manière décrétée et imposée.
Certes, l’artiste est un atout pour l’entreprise et l’industrie car il questionne l’usage, et qu’il connaît bien les besoins et les spécificités des techniques et technologies qu’il utilise pour construire son œuvre.
Il prend des risques, détourne la matière et la technologie de sa fonction première, de manière voulue ou par les itérations dues au processus de création.
Mais parfois, la démarche artistique, dans le cadre d’une collaboration, peut être freinée par les objectifs de rentabilités et de validation d’un modèle économique pour une entreprise. C’est donc vers une zone plus souple, ou c’est plus le moyen que le résultat qui est de mise, qu’i faut se tourner. Dans ce cadre, une thématique imposée apparaît comme freinante à la multiplicité des possibles collaborations.

En suivant l’exemple d’ EATS (Experiment & art technology society), on voit que le temps de rencontre, orienté assez librement vers la performance, sans objectif précis, a été un temps de « faire ensemble » entre artistes et ingénieurs très fructueux. Dans trop de contrainte, des mythes fondateurs d’une collaboration artistes/ingénieurs ont émergé, dont un microphone sans fil fabriqué à l’aide de raquettes de tennis. Un des facteur de succès de ces rencontres étaient juste d’associer des personnes, des profils détectés comme potentiellement complémentaire, et de leur demander de collaborer et de faire ensemble, sans autre objectif trop défini.

Maurice Benayoun nous fait partager son expérience sur le projet Terra Numerica, où on voit que l’apport d’un regard et d’une démarche plus artistique sur un  projet de R&D a permis de questionner immédiatement l’usage, de penser un projet complexe et hautement technologique en l’intégrant dans la société, ou dans une vision possible, désirée, hors des limites actuelles. En effet, Thales, voulait associer plusieurs technologies de combinaison de modèles urbains .

C’est le CITU qui a introduit la question de l’usage, lors de la première réunion. Est ce qu’on peut tagger, est ce qu’on peut trouver couches culottes à 3heures du matin ⇒ il a fallu demander à combiner modèle géométrique à modèle organisationnel et le projet a gagné en cohérence et à intégré d’autres technologies (réalité augmentée, téléphonie, bases accessibles, …). Cette carte enrichie est devenue une base en elle même, et c’est de cette base que les projets artistiques découlent ultérieurement.

Maa Berriêt :  WWWW : En Allemagne, depuis 10 ans, des VJ fabriquent leurs outils de production, en partant de leurs besoins spécifiques et en créant l’outil adapté.

Ils ont mis en place un système de licence artistique libre, pour que les artistes alimentent en contenu et c’est alors la communauté qui nourrit la technologie.
Une licence commerciale existe pour les entreprises ou des utilisateurs non « créatifs »

Media6 : studio d’animation traditionnel et 3D, un des premiers studios qui intégrait et informatisait la chaîne de production de l’animation traditionnelle. La complémentarité des savoirs faire a permis d’injecter du bon sens dans la technologie et la technologie a permis d’accélérer et d’améliorer certains points du processus de la chaîne d’animation traditionnelle et d’accélérer notablement les temps de production. L’efficacité est née du dialogue entre bons sens, expérience, sens de l’usage et possibles des technologies.

Norbert Schnell = IRCAM, aborde des projets existants de collaboration européen avec l’ANR, ainsi que le projet CEDEDIA (Collaboration Mediation et Digital Arts). Son expérience est surtout celle de sa rencontre, qui a pris du temps et a évoluée fortement au cours des années, avec Wolf Ka. De la rencontre est née de l’amitié, de l’entraide,  une production commune, des projets innovants, …

Claire Huberson LeHub, agence web .

Mobile cms comportemental : système qui s’adapte au comportement de l’usager en situation de mobilité. Géolocalisation adaptée au comportement. Ancrage territorial. Développement d’intermédiation entre différents moyens de transports.

Mairie de Paris – Claire Berger Vachon
ORION (maison des métalos). Lors d’un travail sur la  mégalopole et pollution, un regard artistique interrogeant le spectateur qui se trouve dans des endroits pollués permet d’imaginer la nécessité et le besoin de technologies solutionnant le problème soulevé.
Les couples contraires sont parfois nécessiareis et créateurs de bénéfices divers (cycle VS nouveauté / récupération VS création / transformation VS reproduction)

Albertine Meunier
Sortir de la poésie de la la techno. Tea time with Albertine. 4 femmes de plus de 80 ans. Elles sont dans le même monde, réinvesties.

Au Mali. Rencontre Internet avec paysans africains. Fabrication de contenu, machine qui ouvre une grande fenêtre.

Gwenola Vallon
Histoire de colocataire. Recherche de programmeur pour projet GPS téléphonie mobile…budget minime et temps court. Histoire de convergence affective. Humain au centre. Comment institutionnaliser l’affectf ?
Parfois, cela relève du hasard.
Carrefour des possibles. Caméra paluche. Godard avait besoin d’une petite caméra. Va voir un ingénieur. Beauvialat. Longueru de la conception/fabrication = révolution pour le cinéma.

Frederic Delias
Collectif le clair-obscur

Royal de luxe.
Projet qui implique les habitants. Ateliers ouverts. Eléphant. Manège géant de micro-insectes.
Projet esthétique très fort, réunit artistes et artisans. Ludique, pérennité.

Martine Bour

Campagne de Dordogne. Organiser colloque sur l’herbe. Approche pluridisciplinaire associant des acteurs très différents.. Appropriation. Beaucoup de convivialité.

Il faut du temps de la proximité, de l’argent. Quelles sont les impératifs économiques ?
Entreprises qui travaillent sur l’art assurent leur rentabilité

Valérie Senghor
Projet accueilli au 104. Détournement de la Redoute.
Nicolas Simaris -Echanges qui ont porté leurs fruits sur le plan industriel et artistique.
Résine pour les dalles.
Intérêts :  trouver conditions de collaboration et intérêts partagés

Biennale de Rennes, Bruno Caron. Valeurs croisées. Résidences. Transmission artistes/entreprises.

Vincent Guimas
Prod projets artistiques
Projet Hérisson
Usages. Les artistes ont tendance à oublier l’usage.
Savoir à qui on s’adresse. Notion de contributeurs.
Le progrès est source  de suspicion. Honnêteté de l’artiste, porter fictions.
Milestones

Charles Huot
Analyse tetxe. Text mining.
Fusionner les connaissances. Interfaces des jeux vidéos sont très beaux et intuitifs, plus que dans les logiciels « sérieux ». Monter des projets en collaboration avec des artistes est un besoin.

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