Groupe INTERACTION Première partie

Acteurs et interactions avec la pépinière

Objectif du groupe de travail

Envisager les interactions au sein de la pépinière entre les différents acteurs et imaginer les modules et temps de rencontre qui permettront à ces interactions de servir au mieux les projets de chacun et d’être les plus créatrices possible.
Cette première matinée a consisté à réenvisager le projet et à questionner les interactions clés qui doivent et peuvent émerger d’un tel lieu
Chaque acteur s’est présenté et à donner son point de vue sur ses attentes et besoin.
La synthèse ci dessous recense les points clés et convergents de cette discussion.

Intérêt de la pépinière :
•    Agglomérer dans une communauté hybride l’art et la techno
•    Créer un espace où les processus d’innovation sont différents et permettent, par le chemin parcouru, d’arriver à d’autres endroits que ceux imaginés.
•    Cette pépinière pourrait accueillir des montages d’installation ou de dispositifs complèxes pour répondre  à un réel besoin pour les artistes. Pour les entreprises, c’est un moyen de se confronter à des pratiques inhabituelles autour de la même technologie
•    C’est un lieu de suggestions et de complémentarité qui peut donner une autre approche de la R&D
•    Art et technique sont au fondement de la matrice humaine, il faut les réarticuler autrement, différemment de la manière dont on les a articulé jusqu’à aujourd’hui. A court terme, c’est aboutir à des activités de « biens communs » en plus des intérêts individuels.
•    La place de la recherche peut être le lien et le fil rouge
La pépinière est un lieu de soutien à la création et le 104 peut servir de zone de diffusion

Les questions remontées et les ajouts  au projet :
•    Parler plus de Créateurs que d’artistes
•    Réenvisager la notion de pépinière, qui est questionnée par les participants en tant que pépinière d’entreprise : tous poussent pour que ce lieu ne soit
o    Ni une pépinière classique, avec des indicateurs fixes et des durées déterminées
o    Ni un lieu de mise à disposition de moyens dont chacun pourrait s’emparer pour réaliser son projet unique.
C’est la notion de projet qui doit être mise en avant et pouvoir se servir de l’espace comme catalyseur et accélérateur, tant dans les moyens, l’animation, que les compétences et les rencontres produites.
•    S’appuyer sur les auto-entrepreneurs et les freelance, les accueillir d’une manière ouverte et peu contrainte car ils sont une source d’animation et de lien (ponctuel ou régulier, adaptés aux temps des projets permettant de questionner différents temps de production …)
•    A l’intérieur de la pépinière, il faut produire et montrer, diffuser, ce qui a été produit.
•    La pépinière doit être un espace de rencontre
o    A l’intérieur de la pépinière  entre les participants, avec le publics, avec les animateurs, en permettant de faire se croiser différents profils, différents besoins, différentes formes…
o    Entre la pépinière et le 104, et avec le public du 104
o    Dans une dimension hors les murs plus large (par une plateforme virtuelle, par des interactions avec d’autres lieux…)
•    Le temps de résidence doit-il être fixe et déterminé ?
•    Le numérique peut être de l’ordre du moyen et non forcément du sujet. Cela permet d’ouvrir à d’autres champs de l’art mais aussi au champ de l’artisanat… La question doit se poser au sein de la pépinière sur les publics qu’elle souhaite toucher
•    Le thème fait-il la pluralité des acteurs ou doit-il être plus resséré sur de la techno ?
•    Est ce que le montage peut être proche  dans le design des entreprises et thématiques, d’un montage de programme de recherche (pour la pluralité, la transversalité et la notion forte de mutualisation)

La pépinière doit donner les moyens, permettre de Faire, de PRODUIRE, de TESTER, d’EXPERIMENTER
• L’art numérique, dans sa spécificité interactif et computationelle, nécessite l’expérimentation, le développement, et une mise à disposition de connaissances croisées et de moyens divers.

•   La mutualisation doit être un axe fort, tant des savoirs que du matériel : Mutualisation des moyens de production (façon fablab) ⇒ imprimante 3D, …

•    Partage des compétences et des savoirs faire : Offre de formation, ou offre de savoirs faire partagés à l’intérieur de la pépinière (de même que de l’ extérieur à l’intérieur et de l’intérieur à l’extérieur)
•    C’est dans ce sens que la mémoire et l’histoire de la pépinière doit être privilégiée, afin de garder une trace, d’accroître sans cesse le potentiel, et de pouvoir réutiliser ce qui est déjà passé par cet espace, le réintégrer, le transformer, etc…
•    Une solution pourrait être une plateforme d’interconnexion entre entreprises et artistes qui permette le travail collaboratif et que les technos différentes soient connectées entre elles et encapsulées au sein de cette plateforme.
•    Les entreprises pourraient proposer une licence artistique libre pour les artistes utilisateurs des technologies au sein de la pépinière

La pépinière doit permettre de penser, d’imaginer de nouveaux usages autour des innovations traitées en son sein
•    Faire de cette pépinière un laboratoire d’usage (révéler, penser, imaginer, détourner…)
•    Dans  le cadre du 104, qui peut générer des usages autour des technos, …

La pépinière doit permettre de diffuser, de montrer, et de questionner un public plus large

Créer le bon lien entre artistes et entreprises
Comment en faire un outil de développement pour les entrepreneurs et les  innovateurs :
•    Créer les bonnes conditions de la rencontre
•    Trouver des objectifs communs ou des points d’accroche entre des mondes et des pratiques différentes
•    Les artistes ne se nourrissent pas forcément des processus industriels et les pratiques peuvent être très éloignées. Faire intervenir des artistes permet de solidifier les processus classiques, pour les renforcer, les penser autrement. Cela permet de faire sortir les entreprises et les processus d’innovation des chemins habituels : ça permet de débuguer, de tester, d’améliorer, dans une autre perspective que les méthodes industrielles classiques.
•    Dans l’autre sens, cela oblige la composante entrepreneuriale à s’exprimer dans une dimension plus humaine et plus pensée, à vulgariser la technologie et à la faire s’exprimer en termes d’usages.
•    Les artistes sont issus du monde de l’art numérique mais pas uniquement :
o    Spectacle vivant
o    Artistes contemporains à envisager, qui n’ont pas forcément de lien direct dans leurs projets mais qui peuvent susciter pour l’entreprise ou l’indépendant, ou le salarié, une autre démarche de création, un questionnement des process industriels, une remise en question et une nouvelle application des savoirs faire de l’entreprise ou de l’individu.
o    Au niveau de la stratégie de l’entreprise, c’est aussi une manière de travailler la  vision de l’entreprise en cherchant d’autres sources d’inspiration.

Politique d’Animation pour servir ses interactions et objectifs:
•    Ouverte et souple
•    Former et être formé
•    Echanger autour des projets de chacun (entreprise et artistes)
•    Interroger, dans les projets de chacun, la société et son évolution, pour ne pas se cantonner au projet mais rester en connexion avec le monde extérieur
•    Création d’outil pour le créateur
•    Il serait intéressant qu’il y ait des débats publics autour de ce que cette pépinière révèle et met en valeur, via des festivals, des temps ouverts au public…
•    Proposer un accompagnement technologique aux artistes, pour  faire le lien avec les enjeux technologiques soulevés par les problématiques, projets et sujets des entreprises résidentes : c’est une des missions de l’animation côté artistique.
•    Créer à la fin de chaque résidence, des restitutions, peut être sous la forme de  « festivals », pour montrer ce qui a été pensé, fait, organisé autour des débats publics, présenter les possibles, et permettre de mettre en avant les fruits de la rencontre.
•    Créer des livrables et une ligne éditoriale sur les contenus et les productions de la pépinière
•    Créer un web, un wiki, un réseau social, pour partager et diffuser
•    Les artistes peuvent accompagner et renforcer la communication des entreprises et de leur technologie pour les rendre plus lisibles.
•    Créer une mémoire en capitalisant les briques technos autour d’une plateforme en license libre du logiciel pour arriver à construire des logiciels en protocole ouvert, privilégier et penser à l’interopérabilité  des technologies pensées et travaillées au sein de la pépinière
•    Nécessité d’une boîte noire : lieu, matériel pour permettre l’expérimentation
•    Un lieu partagé a besoin d’une organisation et d’un rythme, besoin d’un cœur qui permette de faire travailler et de faire émerger. Cela implique la gestion du lieu, la conservation de la rencontre, de la mémoire, dans son quotidien, mais aussi une animation qui se pense  autour du processus et de l’environnement.
o    Il faudra définir quelques règles d’engagement et des modèles de fonctionnement entre entreprise, artiste, 104, public, ..
o    L’espace public doit permettre de réaliser ce processus
o    Liens et échanges à créer pour arriver à des productions concrètes

•    La communication et la diffusion : il faut faire le lien et faire sortir la production des murs (dans le 104 et au delà)
•    Peut être avoir, à l’intérieur, une oeuvre physique ou virtuelle qui communique sur l’état des chantiers en cours qui soit l’archive, la mémoire, de ce qui a été produit.
•    L’animation doit être pensée mais il faut garder une part à la connexion faible, via la rencontre informelle, le hasard qui devient alors créateur de valeur. La rencontre libre doit exister pour pouvoir être créatrice de projets.
•    diagnostiquer les contraintes, les pratiques qui entraînent vers le bas et créer des expériences qui permettent de sortir des repères habituels.
•    Si des œuvres sont créées au sein de cet espace, elles devront être diffusées.
•    Au quotidien, cela veut dire penser les synergies entre la pépinière et l’environnement, intégrer des écoles d’arts, des entreprises mécènes qui vont venir voir et faire, pour les inciter à financer les projets, à être des espaces de diffusion de l’innovation
•    Les commerçants peuvent s’intégrer aussi dans la partie de diffusion.
•    La mairie va permettre le lien avec les autres établissements de la ville (gaîté, festivals,..)

Les images ci dessous retracent les points de vues des interactions souhaitées et nécessaires au sein de la pépinière du point de vue :

  • des partenaires du projet (Silicon Sentier, 104, Forum d’Action Modernité)
  • des acteurs du monde de l’entreprise
  • des acteurs du monde artistique
  • des  experts de l’animation

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